Le vaillant prince est monté sur son cheval blanc pour se rendre jusqu’au drive-in du McDonald le plus près. Échanger la frite en poutine de la princesse devient sa priorité absolue, même s’il faut terrasser deux ou trois dragons.
Ce périple n’est pas facile… surtout en collants.
Votre Majesté mérite de sentir la chaleur de la sauce brune en gorge, agrémentée du plaisir d'un Coke pétillant.
Le prince est
Courageux
Serviable
Vaillant
La princesse est
Dépendante
Délicate
Précieuse
Et pour une raison que j’ignore, elle communique avec les bestioles de la forêt.
C’est ce que tout enfant se fait raconter, soir après soir pendant dix ans : un portrait très déséquilibré de l’amour éternel.
👉 Parfois l’autre n’est pas violent.
Il n’est pas mauvais au lit.
Parfois, il acquiesce à tout… et il est juste vraiment trop gentil.
❓ Justement, cette gentillesse peut-elle devenir une forme subtile de contrôle affectif ?
Est-ce que Christian Premier, de Rigaud Beach, couvre Aurore de fioritures et de gogosses Sephora pour éviter qu’elle parte avec Alain le Troisième, de Rouyn-Noranda ?
❓ Peut-on étouffer quelqu’un… en l’aimant trop ?
Peut-on faire fuir à force de couvrir l’autre de cadeaux ?
Peut-on s’oublier pour ne faire qu’un… et espérer être heureux jusqu’à la fin des temps ?
Le nombril et sa dignité
Ce partenaire parfait.
Toujours disponible.
Toujours d’accord.
Celui qui ne met jamais ses limites.
Le genre de personne à qui même Google Maps dirait :
« Fais demi-tour, sans danger, vers ta dignité. »
Le rêve ?
Pas toujours.
👉 Et pourtant, depuis qu’on est en âge de différencier le rose du bleu, on nous enfonce le mythe du romantisme sacrificiel dans le fond de la gorge.
Le « Plus j’aime, mieux c’est » est souligné par les contes, les films, Internet, de Roméo et Juliette à Twilight.
On grandit avec une vision très dramatique de l’amour où le partenaire idéal, c’est celui qui pardonne tout, comprend tout, endure tout, donne tout.
👉 Comme si la preuve ultime d’amour, c’était de s’oublier.
Ça s’appelle : la culture du sacrifice amoureux.
Et paradoxalement, dans une société plus individualiste que jamais, on glorifie encore cette idée.
♥️ On confond aimer… et s’effacer.
À l’ère du chacun pour soi, renoncer à ses besoins, à ses limites, à son espace, au nom de l’amour, c’est perçu comme de la dévotion.
Et la personne qui dit toujours : « C’est correct, je vais m’arranger » passe pour douce, mature, exceptionnelle.
⭐ « Il ferait n’importe quoi pour elle. »
⭐ « Elle est toujours là, peu importe le prix. »
C’est romantique.
C’est vendu comme de l’amour inconditionnel.
❌ Mais à force de s’adapter, de plier,
on finit par disparaître dans la relation.
Manipulation amoureuse
Pourquoi un partenaire agit-il ainsi ?
Stratégie inconsciente ?
Manipulation affective calculée ?
En réalité, une personne peut s’oublier au profit de l’autre pour plusieurs raisons :
1️⃣ Peur de l’abandon :
« Si je donne tout, si je suis parfait(e), mon amoureux(se) n’aura aucune raison de me quitter. »
Les personnes qui ont vécu du rejet dans l’enfance, de l’intimidation ou de la violence familiale sont plus à risque de devenir des donneurs à outrance.
☝️ Donner devient une assurance contre l’abandon.
2️⃣ Manque de confiance en soi :
Une faible estime personnelle alimente souvent un besoin constant de validation.
Certains se disent :
« Si je ne suis pas assez beau/belle, assez désirable… je dois compenser en en faisant plus. »
Satisfaire.
Être disponible.
Ne jamais déranger.
❌ L’amour devient une performance.
Une preuve de valeur.
Une façon de compenser un sentiment de ne pas être suffisant.
3️⃣ Incapable de recevoir :
Recevoir de l’amour, c’est accepter la vulnérabilité. C’est accepter de ne pas tout contrôler.
☝️ Donner constamment, au contraire, évite cette exposition.
On reste actif.
Utile.
En maîtrise.
Pour la majorité, c’est inconscient.
Parfois parce qu’elles ont, dans le passé, mal reçu… ou pas reçu du tout.
4️⃣ Le rôle du sauveur :
Pour d’autres, c’est un peu plus conscient,
sans être pleinement assumé.
✅ Certains ont construit leur identité autour du rôle du sauveur… sans la cape.
❓ Une forme de narcissisme du don de soi ?
Chose certaine : quand on devient indispensable, on se sent irremplaçable. Et ça procure un puissant sentiment de valeur.
L’équilibre ou la dette
Quand un partenaire aime « plus », ou plutôt donne plus, porte plus, s’investit plus, les conséquences s’accumulent rapidement.
Ce qui était au départ une qualité supplémentaire devient un défaut surligné au marqueur fluo.
✅ Quand l’intensité des sentiments et des gestes n’est pas partagée, la relation cesse d’être un échange.
Elle devient asymétrique, fragile.
1️⃣ Une dette affective permanente :
Recevoir constamment sans pouvoir rendre avec la même intensité crée un malaise. Un déficit.
Comme un compte en banque qu’on vide
sans jamais faire autant de dépôts.
☝️ L’amour ressemble vite à une facture qu’on n’arrive jamais à paye
2️⃣ Une pression silencieuse :
Le partenaire trop généreux ne demande rien ouvertement, mais son dévouement parle fort.
Trop fort.
Il hurle… alors que vous vous seriez contenté d’un chuchotement.
☝️ L’autre sent qu’il devrait faire plus, être plus, donner plus et finit, épuisé, par abandonner l’idée d’égalité émotionnelle.
3️⃣ Une dynamique parent / enfant :
Quand l’un materne organise et anticipe tout, l’autre glisse naturellement dans une posture plus passive.
Une forme d’autorité s’installe malgré tout :
il devient le parent, et vous, l’enfant trop couvé.
☝️ Or, pour exister, le désir a besoin de deux adulte égaux.
4️⃣ Perte du désir :
☝️ Le maternage rassure… mais il désexualise.
Tenter de faire l’amour avec quelqu’un qui n’accepte pas de recevoir devient lassant.
☝️Le résultat dépend toujours uniquement de VOTRE plaisir, jamais d’un véritable échange.
Être tellement gentil qu’on ne sait plus si on couche avec un amoureux… ou avec un employé du service à la clientèle.
Il n’y a rien de sexuel là-dedans.
(Sauf si c’est un jeu de rôle.)
❌ Impossible de se sentir égal ?
Impossible de prendre pleinement plaisir.
À force de trop aimer, on peut faire fuir.
♥️ Parce que l’amour sain respire dans la réciprocité.
Repasser les draps
Je vous entends déjà derrière votre écran :
« Mlle V, franchement, je ne connais personne qui serait fâché qu’on prenne soin de lui… au lit. »
👉 Au début, vous aurez l’impression d’être tombé sur quelqu’un qui vous complète parfaitement.
Qui lit dans vos pensées.
Qui prend plaisir à vous faire jouir à l’infini.
☝️ Oui, ça ressemble à de la générosité.
Mais sexuellement, ça devient vite un deal breaker.
Comme une poignée de main, le plaisir est un échange. Le désir a besoin de réciprocité pour exister.
❌ L’intimité à sens unique ne tient pas sur le long terme : elle crée un profond déséquilibre.
On passe du partage… au service rendu. Une dynamique d’autorité s’installe. Et l’un des deux finit par perdre de l’intérêt.
✅ Cette habitude de faire le tapis diminue drastiquement la tension érotique.
Quelqu’un qui s’efface, qui n’exprime jamais ses envies, devient plus rassurant que stimulant.
Chacun son tour
Évidemment, il existe des moyens de sortir de cette tendance… sexo-meurtrière.
♥️ Le changement doit se faire à deux, idéalement avec l’aide d’une personne compétente.
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Qui peut trancher et définir le juste milieu.
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Qui connaît les dynamiques de couples toxiques.
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Une spécialiste de la sexualité, comme Mlle V, peut vous aider à redéfinir vos rôles dans la relation.
Que ce soit dans la vie de tous les jours ou dans l’intimité, il faut savoir qui l’on est.
☝️ Car être “le gentil”, ça ne se limite pas au lit.
C’est aussi parfois : l’employé loyal qui accepte les heures supplémentaires,
l’ami crinqué sur qui tu peux toujours compter pour déménager à 45 degrés, un jour de congé.
Le trop gentil devra :
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Tolérer de déplaire.
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Dire non, sans culpabilité.
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Identifier et revendiquer ses besoins… petit à petit.
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Apprendre à recevoir.
Celui qui reçoit ce dévouement aveugle devra :
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● Encourager l’authenticité.
« Dis-moi ce que toi tu veux, pas juste ce qui me ferait plaisir. »
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Inciter l’autre à participer aux décisions communes. Par exemple, alterner le rôle de planificateur.
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Refuser la dynamique de dette imposée.
« Tu n’as pas à tout faire pour moi. »
Le prince chez Tomas Tam
Le prince ne dit jamais non. Même Alexa a plus de personnalité au mètre carré.
Mais s’il veut continuer à partager le château, le dildo 14 vitesses et le lit de la princesse, il
lui faudra changer : se moderniser, accepter d’être fragile, s’ouvrir.
💡 Et pourquoi pas troquer les collants pour des cuissards pas de fesses !
Aimer trop fort, c’est beau… jusqu’à ce que ton partenaire se sente en stage non rémunéré.
✅ C’est se rencontrer à mi-chemin.
Main dans la main.
Parce qu’être trop gentil en couple, c’est comme un buffet à volonté : au début, c’est excitant…puis après, tu te sens coupable de te resservir.
MLLE V – Conseillère en Sexologie

