Jouons…
Mon copain nous organise un souper romantique digne de “Horny MasterChef”. Ce soir, c’est clair : on va faire l’amour.
Dans cette situation, imaginez votre degré d’excitation sur 10.
Maintenant, visualisez le même copain.
Le même souper.
Les mêmes ingrédients.
Le même talent.
Mais on ajoute un ingrédient surprise. Un petit imprévu demi-sel : il est fort possible que belle-maman se joigne à vous.
☝️ Votre réaction vous appartient. Elle n’a, au fond, aucune importance dans cette histoire.
Puis, imaginez que vous venez d’apprendre “là, là” qu’elle n’y sera pas ! La menace sur deux pattes, qui parle trop et qui sent le parfum cheap… a disparu.
Quel est maintenant votre degré d’excitation sur 10 ?
Ça grimpe, n’est-ce pas ? Les chiffres sont-ils vraiment restés les mêmes ?
👉 Et je parierais un brun que ce sera encore plus flagrant si je remplace la belle-maman par un zombie assoiffé de sang.
Pour ceux dont l’imagination hésite, optez pour une inondation de sous-sol… ou une attaque de capybaras.
Les accessoires sont secondaires. Ce qui compte, c’est le facteur de risque. Le pivot. La menace. Belle-maman et son boys band de zombies.
Laissez-moi vous expliquer pourquoi…
Le transfert d’excitation
Avez-vous déjà ressenti plus de désir pour votre partenaire après une dispute ?
Avez-vous déjà senti votre libido grimper en imaginant qu’il ou elle pourrait vous quitter ?
Avant de juger, sachez qu’il s’agit d’un phénomène extrêmement courant :
✅ Près de 30 % des adultes admettent que la peur de perdre leur partenaire intensifie leur désir sexuel.
📊 Et 35 % des couples rapportent vivre des périodes de désir plus intense après des conflits ou des menaces de séparation.
Ce frisson du risque, ce désir qui monte quand on imagine perdre l’autre, a même un nom en psychologie : le transfert d’excitation (excitation transfer theory).
☝️ Lorsque le corps est activé par la peur, l’adrénaline ou la menace, cette activation physiologique peut être réinterprétée comme du désir sexuel.
Ce qui ne semblait être qu’une déception ou une peur prend soudain place en première classe pour un vol gratuit et inattendu vers le 7ième Ciel.
C’est entre autres pour ça que :
1️⃣ Les films d’horreur rapprochent les couples :
Oui, oui. Les émotions fortes partagées, avec ou sans popcorn, sont une excellente façon de créer des liens… parfois très serrés, dès le départ.
2️⃣ Le danger augmente parfois l’attirance :
C’est prouvé : les situations « à risque » amplifient les tensions sexuelles. Je vous suggère quand même d’éviter le braquage de banque comme première date.
Ça pourrait créer un certain… ressentiment.
Autoroute à deux voies
Comment expliquer la fusion de deux sentiments aussi opposés ?
✅ En réalité, la peur et le désir sont beaucoup plus cousins qu’on ne le pense.
Si on retire leur connotation positive ou négative, il reste un même réflexe biologique.
Lorsqu’une personne imagine perdre son partenaire, même hypothétiquement, son corps active le système de stress. Il y a libération d’adrénaline et de cortisol, ce qui accélère le rythme cardiaque.
Automatiquement, le corps suit l’esprit et entre en état d’alerte. C’est le mécanisme de la peur.
☝️ Parallèlement, l’excitation sexuelle active des circuits physiologiques très similaires :
● cœur qui bat plus vite
● respiration accélérée
● tension corporelle
● attention focalisée sur le partenaire
Le cerveau, et les fonctionnaires qui y travaillent, peut alors faire une « mauvaise attribution » de dossier.
Et quand on interroge l’employé fautif :
“Le cœur bat vite… est-ce de la peur ou du désir ?”
Parfois, la réponse est simple :
“Les deux.”
Merveilleux !
(Sarcasme).
👉 C’est ce qu’on appelle le transfert d’excitation : une peur de perdre l'autre peut se mélanger avec attirance et désir.
Téléroman et tornade
C’est donc une réaction normale du corps à une stimulation hors de l’ordinaire. Mais cela n’affecte pas tous les amants de la même façon.
👉 Certains profils sont plus prompts à fantasmer par la peur que d’autres.
C’est le cas des personnes plus anxieuses, qui vivent des difficultés d’attachement, celles particulièrement affectées par la peur de l’abandon… qui ne le serait pas ?
Ou encore celles qui sont très sensibles aux signes de distance.
☝️ Quand elles sentent que le lien est menacé, leur système émotionnel s’active fortement.
Comme s’il venait de réaliser que Noël, c’est demain… et qu’il doit cuire une dinde pour 78 personnes.
Assez paniquant !
Cette activation peut se transformer en désir, comme une façon inconsciente de rassurer et de renforcer le lien.
☝️ On le retrouve aussi chez les profils très romantiques ou passionnels.
Oui, ceux-là.
Ceux qui vivent un éternel téléroman au quotidien, pour qui chaque discussion de couple prend des allures de débat électoral interminable.
Chaque “je t’aime” se termine en sérénade élaborée… qui finit par sonner et goûter fade.
Bref, ceux qui associent amour et intensité vont adorer la tension… et le petit goût du risque. Ça rend la relation beaucoup plus vivante.
👉 Les femmes semblent utiliser ce mécanisme fantasmatique un peu plus que les hommes.
C’est aussi un fantasme plus courant chez les jeunes adultes, une période où les relations sont exploratoires et où la notion d’attachement n’est pas encore bien définie.
Le Titanic en feu
Et cette peur, elle se traduit comment dans la chambre à coucher? Comment ça s'introduit
dans une dynamique de couple?
1️⃣ Les fantasmes érotiques sont surtout centrés sur l'absence de l'autre :
● Il part
● Il quitte
● Il implose… aucune importance
C'est l'idée de perdre qui gratte là où ça pique.
2️⃣ Après une chicane ou un moment de froideur :
● le besoin de rapprochement devient urgent
● les préliminaires sont plus chargés émotionnellement
● le rapport peut être plus passionné, plus fusionnel
● on parle souvent de « sexe de réconciliation »
Les films d’amour regorgent de cette tension risquée et dramatique, suivie d’un quatre pattes passionné.
Alors oui, vouloir vivre la même chose ? C’est plutôt normal.
Non?
❌ Certains pourraient même risquer leur santé ou leur sécurité pour provoquer un moment magique.
Comme quand Rose saute du bateau de sauvetage pour rejoindre Jack sur la passerelle. L’étreinte qui suit est, pour beaucoup, l’image qui symbolise l’amour et la passion, iceberg en moins.
Imaginez s’ils avaient pu rentrer en cabine, histoire de consommer cette intensité. Ils auraient mis le feu aux draps et, qui sait… peut-être survécu ?
Oink Oink
La peur crée une intensité temporaire, qui nous permet de nager en pleine excitation dans une belle grosse piscine d’hypothèses.
Mais cette intensité a un coût.
C’est quand on bascule, même légèrement, et que la peur devient juste un petit peu réelle que “the shit hits the fan” :
● l’anxiété prend le dessus
● les conflits s’intensifient
● le climat devient instable
C’est alors que le couple, à la recherche de frissons, peut finir les deux pieds dans la fosse aux cochons…
Ce n'est pourtant pas ce qu'on désire… être cochon ?
Plus de passion ?
Moins de retenue ?
À quel prix?
☝️ Les conséquences sont parfois cruelles :
● Les amants pourraient créer intentionnellement de la distance ou instaurer une relation interrompue.
● Ils pourraient provoquer des crises pour tenter de rallumer la passion.
● Ils ressentent un besoin inconscient de déclencher un drame pour ressentir du désir, créant ainsi une relation basée sur la tension plutôt que sur la sécurité.
● La confiance finit par être ébranlée… et la confiance, c’est le pilier, les fondations qui tiennent l’amour à bout de bras.
Posez vous les questions suivantes :
1️⃣ « Est-ce que je cherche inconsciemment à provoquer les disputes ? »
Parfois, certaines personnes déclenchent des tensions sans s’en rendre compte : mèche courte, froideur soudaine, retrait stratégique…
“Tu le fais exprès de laisser les portes d’armoires ouvertes ? Tu me détestes à ce point ?”
Pourquoi ?
Parce que la réconciliation rallume le désir.
Oui.
On a compris.
☝️ Le problème, c’est que si le couple a besoin de crises pour ressentir de la passion, cela peut indiquer :
● une difficulté à tolérer la stabilité
● un besoin d’intensité constant
● un lien qui s’essouffle et qu’on tente de réanimer par le conflit
👉 Quand le drame devient le carburant du désir, la relation s’use.
2️⃣ “Mon excitation est-elle liée au fantasme ou à la peur réelle d’une rupture ?”
Il y a une grande différence entre :
imaginer perdre l’autre (fantasme stimulant) et vivre une insécurité réelle et constante.
-
Si l’excitation vient d’un scénario imaginaire, on est dans le jeu.
-
Si elle dépend d’une peur réelle et douloureuse, on est dans l’angoisse.
👉 Et l’angoisse, à long terme… elle ne donne pas d’orgasmes.
Peu importe la position.
Comme en Irak
Vous aimez être surpris, apeuré, stimulé dans l’inconnu et le doute ? Parfait ! On va s’en servir pour faire de votre vie sexuelle un champ de câlins plutôt qu’un champ de mines.
Personne ne finira avec un membre en moins… C’est même plutôt le contraire qui risque d’arriver.
Vous aimez :
-
“Frapper un mur” ?
-
“Prendre un “deux menutes” ?
La sensation que le sol se dérobe sous vos pieds ?
👉 Explorez ! Il existe tellement de façons de réinventer votre sexualité, selon votre profil d’amant et votre type d’union.
1️⃣ Les meilleures “dates” ne sont pas forcément chargées de romantisme :
Les activités dites “extrêmes” : plongée sous-marine, deltaplane, escalade, montagnes russes, offrent une première impression plutôt… décoiffante !
☝️ L’adrénaline ressentie crée souvent une fausse impression de connexion.
Le cœur bat vite, les mains deviennent moites, et le cerveau cherche une explication. Parfois, on attribue cette adrénaline… à la personne qui partage la montgolfière ou le parachute.
Ajoutons que la vulnérabilité rapproche rapidement.
✅ Effectivement, vivre quelque chose d’intense ensemble crée un micro-trauma positif.
On partage la peur, le stress, l’euphorie… et ça accélère le sentiment de complicité.
2️⃣ Variez :
Les heures, les endroits, les positions…Jeu de cartes avec des positions
3️⃣ Hasard :
Laissez le hasard, les jeux pour couples… ou même ChatGPT détailler vos ébats amoureux. Sur le même sujet : https://au7iemeciel.com/blogs/au-delea-du-7ieme-ciel/la-surprise-le-lubrifiant-du-desir
4️⃣ Ouvrir notre esprit à de nouvelles avenues et pratiques :
● Sextos, poèmes ou écrits érotiques, photos coquines…https://au7iemeciel.com/collections/coupons-et-gratteux/products/jeu-sexe-cache
● Dirty talk, ASMR érotique, audios sexuels
● Explorer le monde du BDSM ou les pratiques où les “limites” flirtent avec le vice https://au7iemeciel.com/collections/kits-bdsm/products/everything-you-need-bondage-in-a-box-12pc-bedspreader-set
On y trouve de tout : du simple jeu de cordes (bondage), au cube de glace dans le péteux, jusqu’au Edge play (scénarios de perte de contrôle extrême).
Le périmètre est très… dilaté.
Du plaisir au pouce carré !
✅ Pour les masochistes émotionnels, les amateurs de scénarios de ruptures, le meilleur ajout à la dynamique sexuelle est sans aucun doute :
● Le jeu de rôle :
Transformer l’idée de rupture en jeu imaginaire plutôt qu’en conflit réel. ( Jeu érotique! )
Il est possible d’imaginer qu’il vient de se battre avec un ours de 800 lbs. Un peu plus difficile, par contre, de le visualiser en train de gagner, mais bon…
On peut aussi imaginer qu’il est atteint d’une maladie incurable : les testicules explosives radioactives.
✅ Explorer les scénarios dans la complicité plutôt que dans la peur vous rapprochera… au lieu de vous blesser, possiblement.
Zombies et rapports d'impôts
Vous pensiez qu’imaginer votre moitié dans les bras d’un autre était un extrême en soi ?
Détrompez-vous ! Certains fantasmes pourraient donner des sueurs froides à Evel Knievel.
C’est le cas du fantasme de catastrophe imminente : fin du monde, apocalypse, invasion de zombies, contrôle fiscal, météorite…
👉 Ce qui excite, ce n’est pas la catastrophe en soi, c’est l’érotisation de l’urgence.
Le fantasme d’anéantissement symbolique existe, et il n’est pas facile à comprendre. Les amateurs prennent plaisir à l’idée de mourir symboliquement, de se dissoudre carrément dans l’autre.
Cela se traduit par un profond désir de perdre son ego pour ressentir quelque chose de plus grand au travers de l’autre.
Chute libre
Il est important de ne pas confondre fantasme de rupture et transfert d’excitation avec fatalisme.
✅ Le but n’est pas de créer la peur pour la peur, mais de créer la peur… pour le plaisir.
Et quand cela se limite à ça, permettez-vous de forcer le périmètre de sécurité qui entoure votre sexualité…à coup de barre à clous.
Justement, outre avoir déjà pris des arrangements funéraires pour votre partenaire, quels sont les signes que votre fantasme va trop loin ?
Que vous mettez la charrue devant les bœufs ? Quand est-ce que ce n’est plus de la curiosité mais du “divanisme” extrême ?
Si vous…
1️⃣ Ne pouvez être excité qu’avec des scénarios de mort ou de catastrophe :
Le fantasme n’est pas le problème. Mais s’il devient la seule porte d’entrée vers le plaisir, ça vaut la peine d’en parler à un spécialiste.
Parce que, oui, outre les vendredi 13, vous avez aussi droit à l’orgasme !
2️⃣ Besoin de mise en scène toujours plus extrême :
Quand il faut constamment monter d’un cran pour ressentir quelque chose, on parle d’escalade… et de possible dégringolade.
3️⃣ Confondre fantasme et comportement réel dangereux :
Un fantasme est mental et sécurisé. La réalité doit rester consentante et sans risque réel.
💡 L’imaginaire peut aller loin. La sécurité, elle, ne devrait jamais reculer.
La fin du monde
Finalement, ressentir le besoin d’être secoué et remis en question, ce n’est pas la fin du monde.
Quoi que, pour certains, l’idée de la fin, c'est le summum si on ajoute un narrateur et une belle paire de seins.
Ils fantasment juste à l’idée de se claquer deux ou trois zombies avec orgasmes à l’infini. Et c’est ça qui est merveilleux avec le sexe, les amis…
Il n’est jamais miroir ou écho.
Il est toujours unique, avec ou sans risques.
MLLE V – Conseillère en Sexologie

